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Un auteur sous influence

Celui qui se cache derrière l’anagramme Guilhem L. Lucubrastel est un homme de 55 ans, marié et père de trois enfants désormais adultes dont il est très fier.
Tout récemment et presque comme un signe, il ne put s’empêcher de penser à TempsX, une émission phare de la fin des années 70, en se disant que son attirance irrépressible pour la science-fiction venait peut-être de là. Son intérêt naissant pour les mystères du cosmos (ce qui lui rappelle un feuilleton culte qui nous renvoyait alors en 1999 !) fut alimenté par tous les classiques à partir de son adolescence. S’il ne devait en nommer qu’un, ce serait Hyperion.
Le cinéma a pris le relai, via des créations originales et puis progressivement, avec des adaptations d’ouvrage. Les films ranimaient ses souvenirs de lecture et lui fournissaient des visions complémentaires. Les dernières séries ont clos une boucle tout en maintenant l’expectative que d’autres chefs d’œuvres seront enfin portés à l’écran en égalant le standard absolu, en l’occurrence Interstellar.
Le panorama de ses influences ne serait pas complet sans les jeux vidéo. Civilisation l’a accompagné pendant une trentaine d’années, chaque version apportant son lot de surprises et parfois d’espoirs déçus. Ses toutes premières expériences vidéoludiques l’ont passionné, même s’il cherchait des cheat codes sur un Internet balbutiant pour progresser plus vite. Qui se souvient de Rama ? Disposant de moins en moins de temps, il s’est concentré sur ce qui se faisait de mieux, et pour lui, ce fut la série des Mass Effect. Il reconnait qu’il s’est contenté du mode Easy (qui devait s’appeler autrement), car pour lui, avancer dans l’histoire compte plus que la satisfaction de surmonter un niveau de difficulté élevé.
Où tout cela a-t-il bien pu le mener ?
Il a exercé des responsabilités dans une banque, à Paris, à Londres et à Tokyo principalement. Cela a été une aventure fantastique, notamment en termes de rencontres et d’éveil culturel. La pente que suivait sa carrière a cependant commencé à s’horizontaliser, mais il ne souhaite pas s’appesantir sur le sujet et préfère se concentrer sur les côtés positifs. L’envie peut avoir bien des ressorts, quelquefois inconscients.
En vieillissant, il s’est rendu compte que les scénarios de science-fiction de sa jeunesse devenaient un quotidien, tantôt agréable, mais souvent oppressant. Il s’interrogeait toujours sur les motifs pour lesquelles les cassandres n’ont pas la côte, même s’ils prennent la peine de proposer des solutions et des alternatives. Il s’étonnait qu’on puisse répéter aussi régulièrement des erreurs identiques. Les biais cognitifs n’expliquent pas tout !
Il a pour politique d’éviter de se plaindre (ce qui ne veut pas dire ne jamais râler…), car il n’a objectivement pas de raisons valables pour cela. L’autre est de ne pas avoir de regrets. Il s’est dit que s’il avait une idée d’histoire qui pourrait intéresser tout en faisant réfléchir, il se devait d’aller jusqu’au bout.
N’étant pas écrivain (les gènes de la littérature ne se transmettent pas plus que ceux des mathématiques a priori), cela lui prit un certain temps, et cinq ou six versions.
Il a voulu être le plus crédible possible, car il déteste les raccourcis scénaristiques (quand le héros se retrouve comme par hasard sur les lieux de l’action sans qu’il ait reçu l’information au préalable). Il a fait beaucoup de recherches et souhaite à ce sujet remercier les vlogueurs qui ont partagé leur savoir encyclopédique avec lui (il a prévu de leur envoyer un exemplaire de son livre pour les remercier). Il s’attend quand même à ce que les experts trouvent de nombreuses failles, mais il espère que cela les fera sourire !
Il a non moins désiré que sa prose soit lisible, et l’air de rien, cela n’a rien d’inné. Retour à la case vlogueurs, mais dans la catégorie des conseils d’écriture cette fois. Eux aussi recevront une copie afin qu’ils puissent juger du résultat de leur travail. Leur aide a été indéniable, car la tâche d’auteur est un peu comme un marathon tout seul au milieu de nulle part. Enfin pas tout à fait, il était souvent sur sa planète avec ses Noviens, y compris la nuit dans ses rêves.
À l’instar d’un sculpteur qui polit la pierre ou le bois pour que sa création soit parfaite, il a été tenté de sans cesse reprendre son texte, éternellement. Il a hésité   jusqu’au jour où l’envie de le partager l’a emporté sur l’appréhension de ne pas s’être montré à la hauteur de l’obligation de ne pas décevoir ses lecteurs.
Il éprouve la sensation qu’il va un peu perdre ses protégés, mais qu’il gagnera des alliés pour les accompagner dans la suite de leurs aventures.
Effectivement, il en prévoit une, mais au rythme de la production de la première partie, il faudra être patient…